16 mai 2007
Le mystère de mon paternel (partie 44)
Henry a ouvert la discussion :
« Comment te sens tu ? »
« Et bien plutôt mitigé… D’un côté, je suis déçu. Déçu qu’il ne veuille même pas entendre parler de moi, rien savoir sur moi. Qu’il ne se soit pas conduit en père ne me gène pas plus que cela en soit, je ne pouvais attendre de lui une telle conduite après 17 ans d’absence, mais qu’il ne prenne même pas la responsabilité du fait d’être père, là, je suis déçu oui. Je pensais avoir davantage d’importance pour lui. Je n’ai pas besoin qu’il se comporte comme un père car j’ai déjà quelqu’un qui fait cela pour moi et il est là, près de moi. Mais qu’il me considère comme son fils, qu’il me reconnaisse comme tel, qu’il l’accepte, cela oui, j’en ai besoin. Qu’il accepte qui je suis et accepte le fait qu’il soit mon père. Pas qu’il me rejette ainsi. D’un autre côté, je comprends après ce qu’il m’a dit, ce qu’il a vécu. Je sais maintenant qu’il est parti parce qu’il voulait nous protéger maman et moi. Je sais aussi que tant qu’il y aura cette guerre, il ne prendra pas le risque de se comporter en père, il ne montrera aucune faille, aucune faiblesse. Alors j’espère que lorsque cela finira, il changera d’avis et d’attitude. Je garde donc quand même un espoir. Ce qu’a dit Dahey est vrai. Ce n’est pas possible pour l’instant, mais cela ne sera pas tout le temps la même chose. Il a été obligé de laisser sa famille, de mener une vie de combat, une vie de soldat. Une vie qu’il n’a pas voulu et qui l’a mené d’une tragédie à l’autre, une vie qui l’a affecté énormément, lui a fait perdre sa famille et ses amis. Une vie qui lui a fait perdre le respect des autres, mais surtout le respect de lui-même. Je me suis rendu compte à quel point il a une vision négative et sombre de sa nature, de ce qu’il est devenu. Il a été bien plus touché qu’il ne veut bien l’admettre, bien plus blessé que ce qu’il ne montre. Il montre à tous qu’il est un dur, qu’il ne craint rien ni personne, il montre à tous qu’il est un monstre, mais il est bien plus faible en fait, il est humain. Il est capable de tuer comme il l’a déjà fait, mais je sais qu’au fond de lui, il ne veut plus. Il continuera car il pense nous protéger encore ainsi. Mais il s’est enfermé dans un contexte qui est dépassé. Dahey a encore raison là-dessus, j’ai vu les jeunes, j’ai discuté avec eux, Ils ne veulent plus de cette guerre. Le monde change, ils veulent en faire partie, ne pas être laissé sur le bord de la route comme un chien encombrant ou agonisant et pour cela il faut que la guerre cesse. Plus de violence mais une entente, une écoute mutuelle. Dans les amis de Moyra, il y a des fils et des filles de républicains, des fils et des filles d’anciens de l’Ira. Il y a aussi des enfants de Loyalistes. Ils partagent tous une même envie, faire que cela change pour ne plus souffrir et enfin vivre, enfin exister, tous ensemble. Alors je sais que cela ne se fera pas du jour au lendemain, mais ils vivent les derniers soubresauts d’une guerre qui se meurt et c’est tant mieux. Les choses changeront et à ce moment là, je serai là pour lui. Comme lui n’a pas été là pour moi. Parce que moi, je le pourrai. Tout ce que j’espère, c’est qu’il ne crèvera pas comme un con dans cette guerre car les contractions d’une agonie peuvent être ce qu’il y a de plus dangereux… »
Henry sourit à cette dernière phrase mais passe quand même son bras autour de mes épaules. J’y ai mis un ton humoristique, mais l’inquiétude est quand même là et en bon père, Henry l’a sentie.
« Ne t’inquiètes pas. » Et il ajoute en prenant un accent Irlandais : « Si ces salopards de rosbifs ne l’ont pas encore eu après tout ce temps, ils ne l’auront pas maintenant. Sauf s’il a décidé que c’était une façon de finir pour lui, mais là, je compte sur toi pour lui montrer que ce n’est pas une bonne solution. Et merci de me considérer comme ton père. Car je te l’ai déjà dit, mais je le répète, tu es mon fils aussi. »
Bien évidemment, les larmes ne tardent pas à venir et nous nous retrouvons dans les bras l’un de l’autre, affichant notre besoin de l’un pour l’autre et vice versa. Nous sommes bien là tous deux tel que nous le voulons : un fils et un père, même si ce n’est pas le même sang qui coule dans nos veines, l’amour lui inonde nos cœurs. Et putain, ce que cela peut faire du bien.
Commentaires
...
Bon j'ai une bonne excuse pour pas etre passée par la plus tot hein!!
Mais maintenant que j'ai ratrappé mon retard je te le demande: ou qu'elle est la suite????
La suite va arriver. Un peu de patience
Still waiting...
ca commence à faire long ....
Je me plains pas, j'ai été absente une semaine et c'est bien le seul blog où j'ai pas 15 articles à rattrapper ^^
en effet, ca commence a faire long...
@ Jackolantern : arretes donc un peu l'airsoft (si c'est bien toi dont on parle dans ce que j'ai lu ailleurs) ou les voyages en Russie et ecris nous donc le suite nom de nom ^^
Comment ça prendre mon mal en patience?
Je pense que tu dois être bien occupé en ce moment. Nous oublies pas tout de même ^^
Ja né
à tous: désolé de vous avoir fait attendre. Mais j'ai eu une douzaine de jours très chargés en émotions et en actions. Je vous raconterai tout cela plus tard. Je suis revenu hier soir, fatigué et convalescent, mais ne vous inquiétez pas, je vais bien. J'ai vraiment une vie particulière. Je vais finir mon récit concernant mon père et ensuite, j'enchainerais en vous parlant de mes aventures en Russie.
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