jack-o-lantern

ma vie ressemble à un polar, j'ai décidé d'en retracer certaines étapes ici. Attention, vous allez être surpris. Mais est ce réel ou inventé ?

15 mai 2007

Le mystère de mon paternel (partie 43)

Nous repartons donc vers Downpatrick et le Denvir’s Hotel. Nous faisons le chemin inverse exactement. Je n’avais pas bien fait gaffe à l’aller, mais Henry lui a bien repéré la route et nous arrivons sans encombre dans la rue où nous avions trouvé la voiture. Nous la garons au même endroit et revenons par la petite porte au fond du jardin. Nous refermons puis rentrons à nouveau dans le bâtiment par les cuisines. Le neveu de Padràic nous attend dans la grande salle, assis avec deux des serveurs. Il ne s’est pas passé deux heures entre notre départ et notre retour. Nous nous asseyons avec eux. A la mine que je fais, le neveu de Padràic me dit :

« Je déduis de ton air abattu que cela ne s’est pas passé comme tu l’espérais. Tu sais, je ne te connais pas, mais si mon oncle m’a demandé de t’aider, c’est que tu es quelqu’un de bien. Alors je ne sais rien de toi, rien de ton histoire, et ne veux rien savoir. Mais il y a une chose que je peux te dire, c’est que cela ne s’est peut être pas passé comme tu le voulais maintenant, à ce moment. Mais ce ne sera pas toujours le cas. La situation évoluera, toi aussi, et la personne que tu es allé voir aussi. Et si aujourd’hui vous n’étiez pas sur la même longueur d’onde, cela ne veut pas dire que ce ne sera jamais le cas. Garde confiance et espoir. Un jour, les choses changeront et il faut que tu sois prêt à prendre le coche lorsque ce jour arrivera. J’y crois comme je crois que cette guerre s’arrêtera un jour et qu’il y aura une paix durable, une vraie paix ici. Au fait, je suis Dahey... Bois un coup, ça ira mieux.»

J’accepte le verre de Whiskey que Dahey me présente alors que ses paroles sonnent encore en moi. Les deux autres se présentent et me tendent leurs mains à serrer. Je les serre sans retenir leurs prénoms et me présente machinalement. Ce que Dahey m’a dit fait son effet. Effectivement, je suis déçu de la réaction de mon père, mais cette réaction est une réaction ponctuelle vis-à-vis d’un moment mais cela ne veut pas dire que ce sera le cas plus tard, qu’il refusera une nouvelle fois. Alors que le liquide ambré coule le long de ma gorge et que sa force me brûle car je n’ai pas fait gaffe à ce que ce fût, perdu dans mes pensées comme je l’étais, je tousse, déglutis avec peine et manque de m’étouffer. Ils prennent cet excès de toux pour un manque d’habitude vis-à-vis d’un alcool fort dû à mon âge et cela les fait rire.

« Ben alors jeune homme, pas habitué ? » dit le plus vieux des serveurs et d’ajouter « c’est sur que ce n’est pas une boisson de gamin »

Et alors que les autres rient encore, je regarde mon verre tout en pensant au fait que tout n’est pas perdu, que tellement de choses peuvent changer et que mon père pourra toujours changer d’avis plus tard. J’ai attendu 17 ans pour le rencontrer, je peux encore attendre. Il finira bien par accepter le fait qu’il a un fils. Je souris et dis : « Il est bon… très bon. »

Nous avons donc bu notre verre puis Henry et moi avons pris congé de Dahey et ses collègues. Nous sommes repartis en direction de Belfast. Henry nous fait passer par le quartier des docks. Cet endroit où tant de combats ont eu lieu, tant d’affrontements entre les dockers protestants loyalistes et les demandeurs d’emplois catholiques républicains. Il y a eu autant d’affrontements dans ce quartier qu’il y en a eu dans les quartiers ouest, les quartiers républicains. Il fait encore grand jour lorsque nous rendons les clefs de la voiture de location, nos suiveurs policiers sont toujours sur nos traces. Nous nous rendons alors sur College Square afin de profiter du soleil et de discuter pour faire le point sur cette journée.

Posté par jackolantern à 10:11 - Ma vie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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